Ian Littlewood, B.A. Oxford, écrivain. - Jean Rigaud et ses écrits

09/12/2014 --- It's a wonderful pleasure to have Jean's books on my shelves. In part, of course, this is because they bring back the charm of his company, the excitement and range of his conversation, but above all because they are an outstanding artistic achievement. His works have for me the haunting quality of a place that is unknown and yet somehow familiar. The words and images, always poised on the edge of the mysterious, draw one into a world whose strangeness is balanced by a sense of recognition. It's the world we know, but seen with the transforming power of a remarkable intellect and a poet's imagination.


Eric Mazet, Chercheur-Essayiste - Jeu de Piste

02/07/2014 --- Bien reçu Jeu de piste hier. C'est magnifique, grandiose, poétique, dense, très haut, inépuisable, initiatique. Ce sont des mots qui me viennent, se bousculent. Si c'est joué, il faudra mettre beaucoup de silence et de musique entre les phrases et les mots tellement c'est dense et riche.. C'est total !


Michel Vinaver, Ecrivain - Jeu de Piste

20/11/2013 --- Je suis fier de cet exergue tel que vous l’avez recomposé. Je m’y reconnais, aujourd’hui plus encore que quand j’ai écrit ces mots, et c’est une belle, une surprenante rencontre qui se fait là, que vous opérez, de deux écrivains en même temps si différents.
Bon vent à la publication de l’œuvre de Jean Rigaud ! Michel Vinaver.


Michel Vinaver, Ecrivain - Jeu de Piste

23/08/2013 --- Chère Nadia, Savez-vous à quel autre écrivain me fait penser Jean Rigaud ? A Raymond Roussel et à son Locus Solus, à ses Impressions d’Afrique, lui qui a dit « qu’il faut que l’œuvre ne contienne rien de réel, aucune observation du monde ou des esprits, rien que des combinaisons tout à fait imaginaires. »
L’alliance qu’opère l’exergue n’en est pas moins pertinente, légitime. Le lointain jouxte le proche.


Yannick Mercoyrol - Wong

13/06/2012 --- Chère Madame, Je souhaitais vous remercier bien chaleureusement pour l'envoi de ce magnifique livre d'artiste que j'ai feuilleté avec plaisir : qualité irréprochable des illustrations, de l'impression, de l'emboîtage : c'est à coup sùr un beau livre que celui-ci ! Je vais le montrer à quelques amateurs, en espérant attirer leur attention sur l'objet. N'hésitez pas à me faire signe si vous passez par Chambord : j'aurais plaisir à vous y accueillir. Bien amicalement, Yannick MERCOYROL - Directeur de la programmation culturelle / Domaine national de Chambord


Mylène Tribert, psychologue et sculptrice - Métamorphoses

13/06/2012 --- Chère Madame, C'est avec émotion que mes yeux se sont posés sur les pages de Métamorphoses. Cet ouvrage est un magnifique écho à cet imaginaire qui me donne si souvent à voir des visages, des silhouettes sur des supports aussi variés que des écorces d'arbres ou des aspérités murales...


Pierre Chalmin, écrivain - Jean Rigaud :un maître posthume

13/06/2012 --- C'est à la fidélité et à l énergie de sa veuve qu'on doit de pouvoir aujourdhui jouir d'une œuvre littéraire majeure, à laquelle son auteur consacra une partie de son existence sans jamais songer à la faire publier. J'attire particulièrement l'attention sur la toute récente édition, réservée aux bibliophiles du récit Wong, sans doute le chef-d'œuvre de Jean Rigaud. Pour toutes informations complémentaires se rendre sur les sites indiqués. Je précise enfin que j'eus la chance de rencontrer Jean Rigaud - dont j'ignorais évidemment l'œuvre - chez mon vieil ami Eric Mazet, voilà dix-sept ans.


Michel Leroux -Jean Rigaud

14/11/2011 --- Jean n'aspirait selon moi qu'à communiquer ; j'entends par là que ses livres métaphoriques constituent à la fois une tentative d'arracher son masque de quotidienneté à une réalité regardée comme profondément sidérante et une entreprise esthétique directement liée à l'opération.

Jean recueillait les images qui le travaillaient, et portait au jour ces paysages et ces situations qui ne lui paraissaient importants que dans la seule mesure où ils étaient susceptibles de frayer un passage entre l'envers de la tapisserie où l'on ne voit que les nœuds et les fils, et l'endroit où l'on discerne, fût-ce furtivement, le vrai motif.


Denis Brihat, photographe - Free Lance

25/03/2011 --- Ma chère Nadia, C’est long mais ça vient ! …
J’ai vraiment du mal à m’exprimer par la littérature, et autant j’apprécie votre démarche à tous deux, autant je peine à l’exprimer par des mots. Enfin…voilà plus d’un demi-siècle que je prônais la « petite édition » photographique personnelle, mais c’était trop tôt. Ce genre d’édition permet d’exprimer par le texte et l’image une poésie qui, autrement, serait restée enfouie.
C’est pourquoi j’apprécie Free Lance où, suivant ses goûts, chacun appréciera le texte ou les images, l’idéal étant une perception globale. Ces nouvelles technologies numériques à jet d’encre permettent d’éditer enfin aisément ce genre d’ouvrage, et ces expériences devraient se développer. Le monde a bien besoin de poésie…
Très cordialement, Denis.


Bernard Ginsbourger - Métamorphoses

30/09/2010 - Exposition de Métamorphoses à Bremen --- Chère Madame, J'ai ressenti un lien très fort face aux œuvres de Jean Rigaud, dans le rapport qu'elles établissent entre essence et image. Je vous souhaite encore beaucoup de succès pour cette belle exposition.


Envoyé : jeudi 14 octobre 2010 --- Chère Madame, je viens de recevoir l'Oiseau Tourbillon et vous en remercie infiniment. C'est une œuvre qui parle beaucoup de langues, j'y retrouve plénitude des couleurs et dynamisme de la forme, comme dans ce "simorgh", oiseau mythique sur lequel je travaille. Bien cordialement.


Arthur Michalski, juriste

09/05/2010 --- L'œuvre de Jean Rigaud est un seul et unique Labyrinthe. Pour en apprécier la clarté et la précision chirurgicale il faut savoir s'y perdre afin de retrouver ce qui nous caractérise tous... Notre inconnue inexistence bien réelle...


Paulette Courrjou - L'Odyssée

05/03/2010 --- Je viens de lire votre article sur l'Odyssée et je trouve que vous proposez une lecture intéressante, notamment pour l'épisode du Cyclope. Merci donc, car j'ai eu le plaisir d'entrevoir de nouvelles possibilités de sens.
Cordialement. P. Courrjou.


Madeleine Casanova - Métamorphoses

21/12/2009 --- Chère Nadine, Mille excuses pour avoir tant tardé à vous remercier ! J'espère que Michel vous a donné les diverses raisons pour lesquelles j'ai préféré attendre : ma première impression a été un ravissement, mais la beauté du livre mérite qu'on l'apprécie avec lenteur et délectation. C'est ce que j'ai fait.
J'ai ainsi savouré, page après page, les images colorées en parfaite correspondance avec les extraits de Cavaliers seuls ; il me semblait retrouver l'imaginaire de Jean, ses pensées profondes sur la nature, sur le destin de l'homme perdu dans un monde souvent hostile, et aussi son immense culture à laquelle il nous avait accoutumés.
Mais j'ai admiré profondément aussi ce travail qui a été le vôtre, fait de patience, de minutie, allié à une parfaite connaissance de l'œuvre de Jean et ce désir de la perfection qui vous caractérise pleinement, Nadine.
Ce livre est une belle offrande que vous dédiez ici à la Mémoire de Jean. Je vous remercie infiniment de me l'avoir envoyé. Toutes mes amitiés, Madeleine.


Marc Maldinez, Directeur de Photobis - Métamorphoses

15/12/2009 --- Métamorphoses, ouvrage posthume de Jean RIGAUD, est une véritable Révélation à la fois savante, poétique et artistique que nous dévoile puissamment l'auteur, avec une maturité et une clairvoyance issue des 80 ans de réflexion et d'études d'un homme plongé toute sa vie durant dans un riche univers littéraire lié à sa passion pour l'image tant réelle que métaphorique. C'est en praticien éclairé de la photographie et de la captation subtile de la Nature que Jean RIGAUD nous offre aujourd'hui un ouvrage unique, d'une grande intelligence, d'une technicité libérée des contraintes didactiques grâce à des images retravaillées numériquement, une sorte de recueil artistique génial chargé de Grands et de Petits Mystères...
Il nous délivre ici une série de messages presque médiumniques au travers d'univers peuplés de créatures fantastiques tels des Minotaures, des Sirènes ou autres monstres improbables évoluant dans des paysages fantasmagoriques.
Tous nous mènent sur des chemins d'interprétations allégoriques, philosophiques, métaphysiques, voire ésotériques pour ceux qui savent décrypter les très multiples niveaux de correspondances de ses écritures et de ses photographismes.
C'est donc, tant par la réalisation matérielle de ce "livre objet" d'une grande qualité que dans l'apport régénérateur d'une conception prophétique et globale du Monde et de l'Humanité, ainsi que de ses archétypes les plus fondamentaux, que l'œuvre de Jean Rigaud est celle d'un visionnaire et d'un précurseur. Un livre d'Art rare à se procurer de toute urgence, un livre à la fois sacré et profane, un ouvrage magique et envoùtant pour les esthètes en quête de réponses, un fantastique cadeau de l'auteur, ici en toute première édition originale et limitée, livré dans son étui. Marc


Anne Biroleau-Lemagny, Conservateur général de la Bibliothèque Nationale - Métamorphoses

06/12/2009 --- L'aspect alchimique du travail du photographe ne peut trouver justification à ses yeux qu'une fois prise en compte et assumée l'origine même de l'image photographique : le flux lumineux qui traverse l'objectif et impressionne le film.
La richesse des formes nées de l'action de l'ombre et de la lumière, issue de leur matérialité tactile, constitue le socle de la recherche plastique de Jean Rigaud.
Son génie propre consiste à choisir, supprimer, découper, faire naître les harmonies et les contrastes au sein de ce foisonnement, afin de rendre visible la force concentrée, de dévoiler le mystère de formes qui ne peuvent naître que du cadre photographique.
Exaltant toujours le phénomène lumineux originel, il met néanmoins à contribution l'outil informatique, qui lui offre la possibilité d'un travail potentiellement infini de manipulation des formes et des couleurs. Dans le domaine du dessin, de la gravure, le premier trait esquisse un espace, creuse déjà une profondeur, engendre une réalité visuelle, une ébauche de perspective, un début de matiére. Jean Rigaud crée des images à partir d'images nourries de motifs quotidiens, qui outrepassent leur nature d'être des effets de lumière pour se transmuer en nouvelle forme graphique, ouvrir le domaine de l'étrange et du dissimulé, et mettre en abyme la banalité du réel.


Patrice Arres, Kinésithérapeute - Métamorphoses

13/11/2009 --- Madame, Cet ouvrage, Métamorphoses, ne peut que m’aider à construire une passerelle entre le « manifeste » et le « non manifesté », puisque cela me semble son essence même.
Dans ce travail, votre époux faisait bien plus que de répondre à ce que l’on nomme parfois « la pulsion créatrice ». il remontait à la source même.
Nos vies sont faites aussi de ces rencontres trop brèves et des impressions d’inachevé qu’elles génèrent.
Cet ouvrage, avec toute la puissance de ce qu’il suggère, ne peut donc qu’aviver mes regrets de n’avoir pas davantage bénéficié de cette âme d’exception. Mais Monsieur Rigaud restera toujours une bougie parmi celles qui jalonnent mon chemin initiatique. Patrice ARRES


Eric Mazet - Métamorphoses

31/08/2008 --- (En réponse à Monsieur Maldinez) Non pas tant surréalistes, mais ésotériques peut-être, dans le sens de l'évocation du macrocosme à partir du microcosme, ces photos de Jean Rigaud m'évoquent la mythologie grecque ou latine, ou encore les forces souterraines ou à peine cachées qui nous environnent et nous observent dans leur silence d'outre-là. Un travail au noir de chaman ou d'alchimiste dont on ne se lasse pas.


Marc Maldinez - Métamorphoses

01/06/2008 --- Bonjour, des compositions qui me font penser à des univers surréaliste, entre abstractions, design, et art naïf, c'est très troublant, original et profondément ésotérique.


Hubert Escaith, OMC Genève - Jean Rigaud et Cavaliers Seuls

14/01/2008 --- Un peu d‘info sur un professeur de Lettres classiques, Jean Rigaud, qui a marqué quelques uns d'entre nous. Il a laissé de côté l'enseignement en 1969 pour faire de la recherche (Moyen Age, je crois) puis écrire. Après son récent décés à Genève, ses œuvres intégrales ont été publiées par la Table Ronde en un seul volume. L'édition intégrale s'appelle CAVALIERS SEULS (2007), un recueil de 7 récits et 17 histoires brèves. Son épouse Nadia (elle même une linguiste, spécialiste de la Littérature anglaise de l'époque jacobéenne) a crée avec des amis un site qui lui est dédié : http://www.contes-philosophiques.com/
Amicalement, Hubert - NB: Ce fut le seul prof avec qui j'ai gardé un contact tout au long de ma vie post-Lycée. Un singulier personnage, très surréaliste et décalé par rapport à cette époque (New-Age, avant son temps?), mais excellent pédagogue.


Antoine Antonini, E.N.S. inspecteur général - Cavaliers Seuls

23/07/2007 --- Chère Collègue,
Vous me pardonnerez, j'espère, de ne pas vous avoir écrit plus tôt. J'attendais pour cela de n'être plongé dans l'œuvre énorme, hors normes, que vous avez eu la gentillesse de me faire connaître.
J’ai toujours gardé le souvenir des longues conversations que nous avions ensemble à l’époque de la khâgne, dans un climat de proximité quasi fraternelle.
Et voici que, grâce à vous, je retrouve dans Cavaliers seuls ce qui frappait dans la personnalité de Jean Rigaud, sa sincérité totale et ce désir de vérité qu'avivait une permanente inquiétude.
A vrai dire, j'ai été d'abord dérouté par le côté extra-ordinaire de ce livre, constitué de nombreuses narrations parallèles qui racontent et cependant ne racontent pas.
Sans votre Préface générale et les postfaces alternées qui l'accompagnent, je ne suis même pas sûr que j'aurais pu entrer vraiment dans cette œuvre hautaine, difficile parce que sans concessions. Rien de plus clair pourtant,dans sa finalité que ce déchiffrage symbolique d'un univers où les cavaliers seuls que nous sommes - seuls au monde mais non pas seuls dans la vie, puisque l'amitié et l'amour existent - cherchent désespérément des repères. Rien de plus naturel donc que le contraste, répété de page en page, entre le réalisme et même l'hyper- réalisme des descriptions et les déviations qui en rompent délibérément le cours.
On comprend alors que rien n'aurait été plus facile pour Jean Rigaud, qui possédait un vrai talent d'écrivain, que de se faire un nom dans la littérature. C'est précisément ce qu'il n'a pas voulu; A ses yeux, c'eût été trahir la réalité que de faire comme si elle pouvait être décrite. Il a donc choisi le pari difficile d'une écriture complexe, susceptible de rendre compte de l'extrême étrangeté de la condition qui nous est faite. Ce qui l'intéressait vraiment n'était pas de séduire un public possible, mais de mener une expérience intellectuelle qui l'engagerait totalement et donnerait un sens à sa vie. Dans cette perspective, il a parfaitement atteint son but, puisque les êtres qui lui étaient le plus chers l'ont soutenu dans son entreprise et que son message lui survit.
En vous remerciant encore, je vous prie, chère Collègue, de me croire bien sympathiquement vôtre.


Professeur Michel Leroux - Cavaliers seuls

02/07/2007 --- L'œuvre de Jean est difficile, elle ne peut trouver de relais que chez des lecteurs d'un type particulier. J'entends par là des gens qui attendent des livres ce que la plupart n'en attendent pas, ceux qui se mêlent d'inquiétudes et de recherches du même ordre. Ils ne sont pas légion.
Ce sera au livre, bientôt, de jouer. J'irai même jusqu'à dire qu'il ne serait pas bon de s'escrimer à lancer un ouvrage qui n'est pas le moins du monde de ceux qui font des œillades au lectorat. On frôlerait ainsi la contre productivité, en recrutant par exemple des gens qui n'y comprendraient rien. Attention donc, et laissons-le vivre, sourdement s'il le faut. Il n'est pas de ces pétards qui illuminent la scène pendant huit jours, puis s'éteignent.
La graine a été dûment plantée ; donnons-lui sans doute les derniers soins, mais laissons-la lever sans impatience, laissons-la fleurir et délivrer ses parfums. Ce peut être une affaire d'années, car c'est un livre pour réseau et, vous le savez, des rencontres de ce type se tissent lentement et à leur heure.


Jean Migrenne, chercheur et traducteur - Cavaliers seuls

07/2007 --- Le genre picaresque atteignit des sommets insurpassables du temps de Cervantès et Fielding. Le philosophe et le voyageur se partageaient la prose en tartines souvent bien épaisses et le moraliste humoriste s’en donnait à cœur joie. Par la suite, les reins brisés par la rosse ou la malle-poste, les héros se sont contentés de rester dans leur microcosme où leurs auteurs les introspectaient jusqu’à plus soif. Les Allemands se sont inventés le Bildungsroman, ou voyage initiatique dans le temps d’un vécu. Les Américains nous ont ouvert leurs espaces à coups de Road Movies, où l’on massacrait allègrement et finissait par s’autodétruire sordidement à longueur de pages et d’images qui ont laissé bien des traces.
Jean Rigaud revisite tous ces genres dans une seconde moitié de vingtième siècle que nous connaissons bien, dans un monde où nous avons traîné nos chapeaux de roues. Il est, ici, rassemblé sur lui-même en un fort volume de neuf novelettes qui nous emmène sur un parcours où l’espace se réduit en vignettes précisément ciselées, ornées d’un vocabulaire aussi riche que bien dosé, autant qu’il s’ouvre en horizons jamais atteints ou se replie en réflexions qui accaparent le personnage qui s’exprime à la première personne. Jean Rigaud joue le coup du cavalier en neuf versions (Cavaliers Seuls) avec l’élégant détachement de l’esthète qui n’en est pas moins baroudeur hardi.

Il y a du Parnassien et du Corto Maltese chez Jean Rigaud, cet aristocrate du style, que l’on a plaisir à suivre en pensée lorsqu’il prend la route dans son roadster, ou à parasiter lorsqu’il nous invite à regarder à sa manière le monde comme il va. De quoi se réconcilier avec la philosophie.

On peut même le relire !


Bernard Mouton, E.N.S. - Wong

1974 --- Livre comme un palais désert. Ce qui m’a impressionné c’est d’abord l’architecture de l’infini, l’idée d’un piège géométrique, d’un labyrinthe, des anneaux organisant – étaux – la perte spiralée de l’être. Le dernier temple mort – toute la fin – est prodigieux. J’ai découvert aussi (et pour la première fois) une conception du monde qui l’interprète en jeu de forces sous-jacentes. Une très forte idée que les choses ne soient que la libération des Forces, leur ruse, leur transfert, leur violence, ou leur déperdition dans la stagnation (le même répété jusqu’à l’écœurement, c'est-à-dire : le navire à l’ancre), ou bien, versant dans l’irréel, qu’elles soient la forme piégeante et cauchemardesque, telle grande architecture vide en abîme. L’être hésite entre le signe pur, absolument indéchiffrable et mortellement trompeur s’il passe à la limite, et la forme pure, brutale, réelle, mais dormante cachée aussi. L’être est double, dangereux en chaque face, dangereux suprêmement en ce qu’il peut à tout moment se renverser comme un iceberg. L’aporie n’est pas un mur, elle est plus subtilement, le retournement d’une voie sur l’autre : sans issue. J’ai cru saisir ce sens aigu de la double menace, menace par le double – parce que je suis un grand joueur d’échecs devant l’Eternel. Pour moi le jeu d’échecs offre à chaque partie ce même danger fascinant, et j’ai vu dans Wong un échiquier fabuleux et démultiplié.