Métamorphoses

 » Un logiciel informatique de traitement d’images me semble être un instrument aussi puissant qu’un pinceau de peintre, un ciseau de sculpteur ou un burin de graveur. Encore faut-il avoir quelque chose à en faire.
Je suis conscient que mes recherches me font rejoindre un univers de pensée archaïque où la nature était encore vitalisée.
Je cherche à dégager des images latentes qui établissent un pont entre la perception immédiate et les strates cachées du mystère du monde (« vaste programme » aurait dit le général) et cela demande beaucoup de temps.
Pour commencer il faut déterminer, sentir, quel paysage ou fragment de paysage recèle des potentialités fantastiques, et tâcher ensuite de trouver les couleurs ou/et les outils techniques propres à les réaliser.
Ou bien déceler dans telle aspérité l’incitation à accentuer l’allusion anthropomorphe ou thériomorphe qui permettra d’inscrire le cliché dans une série, Bestiaire ou Masques ou autre – avec un succès parfois douteux, puisque souvent les spectateurs voient tout autre chose que ce qui m’a dicté le titre. Et c’est tant mieux, car l’univocité trop flagrante est un piège. « 

— Jean RIGAUD

Description

Rassemblées dans ce volume, les photographismes constituant le dernier opus de Jean Rigaud (1924-2005), accompagnés en écho d’extraits de ses œuvres de fiction, publiées par Les Editions de la Table Ronde (Paris 2007) sous le titre Cavaliers seuls, consultables dans la section:
Les Contes Philosophiques.

Caractéristiques :

  • ISBN : 978-2-9534946-0-0
  • format: 24 x 33 cm
  • 208 pages dont 194 de reproductions pleine page sans marges
  • papier SM 170 grammes
  • impression 4 + 4
  • vernis soie pleine page recto et verso
  • tirage à 500 ex. – en stock : 6
  • année: 2009
  • 56 € franco de port

Façonnage :

  • cartonné 3 mm, contrecollé toile
  • fer-à-chaud sur dos et 1er plat
  • cousu fil
  • dos carré avec tranchefiles

Coffret/Etui :

  • cartonné 2,5 mm
  • contrecollé papier 150 grammes pelliculage brillant et toile sur les tranches

Wong

WONG, histoire d’un spectateur qui fut marchand, pirate, astrologue et sans doute amoureux s’offre comme une succession de scènes qui reviennent, dans un désordre apparent subtilement maîtrisé, à l’esprit du personnage éponyme au moment charnière où il va lever l’ancre – on ne le comprend que plus tard – et où son destin se renverse.

Les évocations du passé lointain qui ont marqué Wong alternent avec le récit de ses récentes tribulations. Aussi le livre, élaboré dans un style limpide et riche en significations, peut-il être lu de deux manières.
Ou bien au fil des pages. C’est l’histoire d’un vagabond des mers qui depuis quatre ans s’était immobilisé dans un obscur émirat du XIXème siècle. Il s’y était laissé retenir par les sentiments qu’il vouait à la princesse. Mais traqué, banni et dépouillé, il va parvenir in extremis au seuil d’une renaissance.
Ou bien sans suivre l’ordre des remémorations de Wong. On va découvrir, au hasard des paragraphes, un aphorisme, un portrait, un tableau, un conte à part entière, une réflexion philosophique ou une situation historique isolée.

Il ne s’agit pas d’une reconstitution du temps où l’empire britannique brillait de tous ses feux. L’auteur met l’accent sur ce qui, dans certaines particularités tribales d’un Moyen-Orient d’avant le pétrole, ressortit en fait au fonds commun de l’humanité.
Pas de carte, non plus, pour tracer le paysage onirique auquel nous invite Jean Rigaud. Le territoire obéit à des lois organiques où le regard prélève ses objets à l’aune d’une rêverie qui s’étend au Cosmos. Aussi les photographies pleine page insérées entre les feuillets ne s’inspirent-elles nullement du goût ‘orientaliste’ en vogue dans l’art de l’époque.
Nous ne sommes pas davantage conviés à nous focaliser sur l’apparent réalisme des sujets, tous rencontrés dans la nature: l’eau, les roches, les arbres. Au-delà de ce premier degré à dépasser il faut entendre ces images émettre l’écho du texte cité au verso.
Par la métaphore l’image et l’écriture s’accordent ainsi d’emblée, l’imaginaire de Jean Rigaud se déployant avec autant d’aisance dans les deux genres. Il y exprime une vision du monde où l’humain est toujours en correspondance avec le langage de la terre.

Wong fait partie des œuvres de fiction, publiées par les Editions de la Table Ronde (Paris 2007) sous le titre Cavaliers seuls; aussi vous invitons-nous à visiter les contes philosophiques

Description

La qualité de la fabrication justifie la dénomination ‘livre d’artiste’, mais le rapport écriture-images est inhabituel. Il est le fruit de la collaboration de l’auteur avec lui-même : quelque cent soixante pages de texte à la typographie très soignée, très aérée, pour trente-six planches photographiques en noir et blanc imprimées avec un relief somptueux en pleine page sur un solide papier « velours » et présentant au verso les légendes assurant leur relation avec le texte. L’ensemble est réuni dans un étui recouvert de papier à la cuve.

Caractéristiques :

  • ISBN : 978-2-9534946-1-7
  • édition bibliophilique
  • ouvrage de 184 pages
  • format: 16 x 22 cm
  • impression in-octavo raisin
  • composé au plomb mobile en Garamond corps 12
  • papier : chiffon B.F.K. Rives 180gr
  • imprimeur: atelier Vincent Auger à Paris
  • le tirage comporte 3 exemplaires hors commerce chiffrés de A à C et 35 exemplaires numérotés de 1 à 35
  • étui: revêtu de papier à la cuve
  • tirage à 35 ex. – en stock : 4
  • année: 2011
  • 600 € franco de port

Les photographies :

  • 36 photographies originales
  • années 1970
  • reproduites numériquement
  • sur Vélin d’Arches Muséum

Spécificités :

  • une lecture par Michel Leroux complète l’édition
  • l’ouvrage est inscrit au catalogue des Livres Rares de la Bibliothèque Nationale sous la cote DLE-20121129-67022.

Freelance

(* Edition épuisée)

Jean Rigaud a fait en 1976 une série de photographies dans un lac de barrage momentanément hors d’eau, puis elles lui ont inspiré un poème. Le terrain obsessionnellement répétitif induisait un sentiment d’enfermement, qui, à son tour, engendrait une aspiration à un aboutissement. D’où s’est formée dans son esprit la notion de quête initiatique telle que l’ont pratiquée les légendaires chevaliers errants du Moyen-âge. Dès lors les images désolées d’une mort sans sépultures se mettaient à vivre une vie inattendue que seul le poète pouvait exprimer et nous rendre perceptible.

Free-Lance propose un sens à ce qui, aux yeux de tout autre qu’un poète visionnaire, risquerait d’apparaître comme morne désert ou épaves inconsistantes. « Propose » sans imposer, car l’interrogation inhérente à la quête subsiste jusqu’à la fin. Et si cette fin se présente comme la fin d’un cycle, elle est aussi ouverture sur une éventuelle poursuite de la quête autrement.

Entre temps l’auteur aura introduit une cohérence dans un cheminement parmi des lieux et des êtres que leur étrangeté empêche de tenir pour un reportage : ou du moins, si ce doit être quand même une forme de reportage, c’est dans un monde fantastique qu’il nous transporte puisque, arpenteur d’un territoire perdu, il nous emmène en fait sur les sentiers d’un voyage intérieur.

Il ne restait apparemment à l’éditeur de ce livre d’artiste qu’à typographier les textes à la main et à tirer les photographies sur un papier à texture veloutée pour que le bibliophile soit comblé; mais il a voulu que soient révélés au lecteur les tenants et aboutissants de l’entreprise, afin que soit encore plus patent le lien inextricable entre l’homme et la nature. Cette tâche a été accomplie par Michel Leroux dans une éclairante introduction.

Le point de vue du typographe recueilli par Françoise Gouyou-Beauchamps:
Michael Caine parle de la magie de l’univers de Jean Rigaud dont il a respecté les volontés formelles pour la mise en page de Free Lance. Une composition d’inspiration mallarméenne a guidé son travail :« La typographie s’étoile à travers la page en constellations de lettres juxtaposées dans des formes aléatoires rythmées, trouvées à partir du manuscrit laissé par Jean Rigaud et des indications données par l’éditrice, explique-t-il. J’ai proposé des lignes plus en paysages que le manuscrit original. » Il enchaîne à propos du choix du caractère Méridien demi-gras d’Adrian Frutiger, création de 1957 : « Il répond au noir saturé des images imprimées au jet d’encre. Le Méridien est un caractère glyphique et rentre bien dans le cadre du livre par son acuité et sa ressemblance avec les fissures de la terre et du sable compacté de cet endroit déserté. Les pattes triangulaires sont très lapidaires, on est dans l’usure de la pierre très dure, le temps qui balafre les murs, la pierre résiste mais les failles apparaissent dans ce matériau éternel. Le Méridien, c’est le ciseau qui va droit dans sa cible, la pierre monumentale. » Avec cette métaphore, Michael Caine confirme que le choix typographique est à la fois une histoire de savoir et de compréhension intuitive du projet artistique.

La publication Free Lance est à ce jour épuisée mais Les Editions La Féline sont heureuses de vous présenter leur premier Ebook avec Passage en Terre Gaste sa version numérique.

Description

La plupart du temps, un ‘livre d’artiste’ se constitue à partir d’un texte qu’un artiste illustre ensuite ; ou bien un artiste visuel recherche un écrivain susceptible de rédiger un texte faisant écho à son dess(e)in. Ou encore un éditeur estime pouvoir associer deux créateurs qui ne se connaissent pas et n’ont peut-être même pas de vision commune. Le cas de Free Lance est autre: l’artiste et le poète ne font qu’un.

Caractéristiques :

  • ISBN : 978-2-9534946-7-9
  • édition de tête
  • ouvrage édité en deux livrets-accordéon pliés
  • format: 24 x 24 cm
  • étui: revêtu de papier à la cuve
  • année: 2011
  • 850 € franco de port

Le contenu :

  • 20 photographies originales reproduites au jet d’encre pigmentaire
  • sur Vélin d’Arches Muséum 260 gr
  • par le studio Franck Bordas à Paris
  • 20 textes inédits
  • typographiés au plomb mobile
  • en Méridien demi-gras corps 16
  • par Michael Caine à l’Atelier de la Cerisaie à Paris
  • le tirage comporte 3 exemplaires hors-commerce chiffrés de A à C et 15 exemplaires numérotés de 1 à 15.

Spécificités :

  • introduction de Michel Leroux: en Méridien italique corps 14
  • les planches argentiques originales sont conservées au Cabinet des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque Nationale sous la cote EP2-551-PET-FOL.

Bibliographie :

  • Arts et Métiers du Livre N°288 p. 87
  • M. Leroux, « Tout n’est pas vu », Mémoire d’Obiou, n° 17, pp. 116-122

Bleus

Bleus, de David Molina, c’est l’histoire d’une ombre qui voudrait devenir un homme, qui se cherche un soleil pour éteindre la nuit et l’amour d’une femme pour étreindre le monde.
C’est la vie telle qu’elle est parfois, telle qu’on la reçoit en travers du visage quand on refuse de baisser les yeux.
C’est le sourire sous la grimace, l’azur sous les paupières, c’est la recherche d’une issue à la pesante trivialité du réel.

Caractéristiques :

  • ISBN : 978-2-9534946-3-1
  • ouvrage de 64 pages
  • format: 15.5 x 24 cm
  • papier Minotaure ivoire 135 gr.
  • couverture à rabats
  • édition collée-cousue
  • année: 2012
  • 12 €

Bibliographie :

  • Gérard Prat « Bleus, David Molina »
    Le Dauphiné Libéré, 11 Août 2012, p.10.

Masques

Caractéristiques :

En partenariat avec les Editions de la Margeride

  • 6 Gravures de Robert LOBET
  • textes de Jean RIGAUD
  • format: 24 x 24 cm
  • typographiés en Vieux Romain
  • corps 24
  • papier Johannot 250 gr.
  • étui: revêtu de papier à la cuve
  • 18 exemplaires
  • année: 2013
  • 320 € franco de port

Piacere, l’instant d’un poème

Dans les poèmes d’Eva BARBUSCIA, qui nous entraînent à travers toute la planète, on baigne dans ‘le lait de la tendresse humaine’, où une sensibilité juste, dénuée de pathos, une bienveillance complice, mais intelligente, confèrent au recueil une résonance aux harmoniques plus graves que la fraîcheur de ton et la légèreté de touche ne donneraient à croire tout d’abord.

Caractéristiques :

  • ISBN : 978-2-9534946-4-8
  • ouvrage de 48 pages
  • format: 15,5 x 24 cm
  • papier minotaure ivoire 135 gr.
  • couverture à rabats
  • édition cousue-collée
  • année: 2013
  • 12 €

Talus

Contemplant l’une des photographies de Free Lance de Jean RIGAUD, le poète Jean Gabriel COSCULLUELA offre sa propre réception du paysage. Il retrouve la vérité nue de ce lieu devenu désert, et lui restitue une autre pérennité. Il l’enveloppe, en un acte créateur, d’un regard vibrant de vie, et, informant l’absence par les mots, il donne corps au ‘Rien’. Dans l’intensité de leurs imaginaires l’écrivain et le photographe se rejoignent.

Caractéristiques :

En partenariat avec les Editions de la Margeride

  • ISBN : 978-2-9534946-6-2
  • ouvrage constitué de 6 cahiers de 4 pages
  • format : 24 x 24 cm
  • composé au plomb mobile en Baskerville corps 12
  • sur chiffon BFK Rives 270 gr
  • atelier : Vincent Auger à Paris
  • le tirage comporte 3 exemplaires hors commerce chiffrés A à C et 18 exemplaires numérotés 1 à 18.
  • étui : revêtu de papier à la cuve
  • année : 2013
  • 250 € franco de port

Photographie :

  • estampe photographique pleine page
  • imprimée en taille douce sur papier de mûrier
  • atelier Parme Baratier – Isabelle Menu à Paris

Jeu de Piste

Le fil conducteur de cette pièce très variée est le questionnement de chacun sur la vie, sur la recherche de l’essentiel et de la vérité. émaillé de propos humoristiques, mais aussi entrecoupé de visions poétiques, il vous transportera dans un ailleurs qui est aussi une part, souvent enfouie, de vous-même.

Image de la condition humaine
Les mots « philosophique » et « onirique » du sous-titre indiquent le statut universel et poétique de l’écriture. L’une et l’autre caractéristiques sont patentes tout au long de la pièce. Pourtant les énoncés égrénés pendant l’heure que dure la pièce participent également d’une forme de « réalisme », bien qu’ils échappent à toute incarnation dans des individus, à toute temporalité, à toute localisation. Débarrassés de ces précisions sociales ou psychologiques qui réduiraient Jeu de Piste à la seule partie émergée de l’iceberg, c’est la condition humaine dans son fondement qui y est abordée.

Le texte concerne chacun d’entre nous
Réaliste donc est l’entreprise: les fragments constituent, jusque dans leurs manifestations poétiques, un kaléidoscope reflétant les pensées et les rêves qui, à un moment ou à un autre, assaillent chacun d’entre nous.

Questionnement sans réponses
Réaliste aussi par la discontinuité qui s’instaure parfois entre les séquences, entre deux répliques, ou même à l’intérieur d’une tirade. Plutôt qu’un vagabondage de l’esprit, incompatible avec la rigueur d’une œuvre littéraire, ou seulement une association d’idées, la juxtaposition inattendue exprime le propos de fond de Jeu de Piste: le questionnement sans réponses qui est le lot commun de l’humanité et dont cette parodie de polar dépourvue de résolution vient rendre compte.

L’incommunicabilité
Réaliste, encore, l’incongruité apparente qui en résulte, car elle exprime métaphoriquement les difficultés de communication entre les êtres humains, tout en les illustrant avec bonhommie.

L’humour
Et cela entraîne, à chaque détour, un humour qui, face aux interrogations laissées en suspens, équilibre le spectacle à la satisfaction avérée des spectateurs.

Jeu de Piste offre en somme un bouquet de variations sur des thèmes majeurs d’une bonne part de la littérature contemporaine.

Vous souhaitez voir cette pièce? vous souhaiteriez l’ajouter à votre programmation culturelle? alors visitez Du Livre au Théâtre.

Description :

Les textes sont extraits de Cavaliers Seuls. D’autres passages dans la section Les Contes Philosophiques

Caractéristiques :

  • ISBN : 978-2-05-9634946-5-5
  • Livret de 37 pages
  • format : 15.5 x 23 cm
  • imprimé en 120 exemplaires
  • année : 2013
  • 12 €
  • Texte publié in-extenso dans le n° 25 de Théâtres du Monde aux Presses de l’Université d’Avignon, pp. 303-325.